Category: Délivreurs de Souvenirs


Avec Bouèb, et donc avec Les Grands Moyens, nous étions à Marseille durant une semaine pour un travail dans les quartiers Nord de Marseille. C’est l’Apcar (La Cité des Arts de la Rue) qui gère l’organisation de cet Atelier de Révélation Urbaine en collaboration avec le Centre Social des Musardises et l’Addap 13.

Il s’agit donc d’une sorte de chantier éducatif avec des enfants du quartier Consolat. Durant cette semaine, ils étaient sept,  de 11 à 14 ans, avec deux animateurs qui les accompagnaient.

Ce chantier révèlera une partie de Marseille à ces jeunes, mais aussi aux habitants et aux curieux d’histoire. Au cours de la journée du patrimoine, ils pourront assister à la Visite Scènographiée de cet escalier. Oui, parce qu’il s’agit d’un escalier, trente-neuf marches qui mènent à la colline des Musardises. Colline du château, aujourd’hui remplacé par le lycée Nord, colline des rencontres, des défis, des peurs et des grands plaisirs, Colline des Amours…

Et c’est une histoire d’Amour que nous allons raconter…

Récit en images et en son ci-dessous :

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Dix jours de recherche, d’immersion et d’échanges dans cette petite ville de Terrasson. Dix jours pour monter une équipe, pour récolter les souvenirs des habitants et pour créer une rencontre théâtralisée au centre culturel de Terrasson le 12 février 2010.

Dix jours, c’est court mais la période fut  riche et intense : rencontre avec une psychanalyste pour répondre à nos questionnements sur la mémoire invisible, la psycho-généalogie ; rencontre avec les lycéens d’une classe de seconde, avec un boucher aujourd’hui en retraite, avec les anciens qui viennent jouer aux cartes, avec les badauds du marché…

Nous avons même retrouvé l’ancienne maîtresse d’école qui a donné classe à l’école des garçons qui a été depuis transformée en centre culturel. Cette grande dame a aujourd’hui 94 ans, toute sa tête et nous a livrée des histoires d’une époque qu’on ne peut même pas imaginer. Elle a pris sa retraite en 1972, la plupart d’entre nous n’était même pas né.

Bouèb à passé une journée avec la factrice : picage, triage, réexpédition, tournée à vélo… Voici une vidéo de 3 minutes où il nous résume sa fraîche journée :

Tout cela pour finir sur une belle soirée. Nous avions réunis tous les témoignages récoltés et nous les avons mis en scène dans le centre culturel en exploitant tous les espaces disponibles.

Nous avons utilisé plusieurs formes pour cette restitution : théâtrale, scénographique, épistolaire, sonore, vidéo, photographique… En intégrant à chaque processus la participation du public.

Ci dessous, vous pouvez visionner la vidéo réalisée lors de la tournée que nous avons refaite avec le boucher. Un moment émouvant de rencontre avec ses anciens clients. Gérard était fier de se remettre au volant de son camion, de nous faire revivre une tranche de sa vie.

Un grand merci à toute l’équipe du FOIN, Centre culturel de Terrasson pour la liberté d’action, le soutien et la confiance accordée… Cette expérience va servir de nourriture à la création de Secteur Postal 212, il me tarde à présent d’entrer concrètement dans l’écriture du spectacle. C’est ce que nous ferons lors du prochain rendez-vous. Ce sera sur l’île Molène le 10 avril 2010, où aura lieu notre prochaine résidence. Immersion et création durant 15 jours sur ce petit bout de terre au large de Brest, en partenariat avec Le Fourneau, Centre National des Arts de la Rue en Bretagne…  à très bientôt !

Voici les membres de l’équipe pour cette aventure Terrassonaise :

Marie-Lise Guirronnet – récolte de souvenirs et expression grimpée et dansée

Mélanie Spindler Doutey – récolte et théâtre

Sylvestre Mignot – Mise en son, Sono-Sylviculture

BouèB – dans la peau du facteur, théâtre

Christophe Nozeran – Scénographie et technique en tout genre

Jérémie Steil – Direction artistique et trait d’union.

Résidence de 10 jours à Terrasson pour toute l’équipe de Secteur Postal

Vendredi 12 Février 2010

20h30 – Centre Culturel de Terrasson


Le passé et le futur n’existent pas, seuls des présents se succèdent, mais que se transmettent-ils en passant ? Et nous, que saisissons nous ?

Après dix jours de cueillette de souvenirs invisibles en différents lieux de Terrasson, la troupe du Dandy ManchÔt vous invite dans sa marmite.

De fils en aiguille, se tissent des liens ;

de paroles en lettres, toutes les pensées finissent par s’éveiller…

Tout est là, tout est à nous …

fabriquons en le meilleur et transformons nos rêves en souvenirs.

Une soirée théâtrale et conviviale sous le signe de la rencontre et de la transmission.

Le Dandy ManchÔt vous accueille au coeur de son processus de création et s’invite dans le vôtre.

Comme le dit si bien BouèB : « Mon égo n’a pas d’égal aux Aygalades ».

Portraits de l’équipe :

jean paul

Jean-Paul, je me souviens de toi, empêtré dans tes bras dans le premier cercle d’échauffement, le regard fuyant. Tu semblais vouloir disparaître, être ailleurs. Tu as creuser des jardins à cultiver les souvenirs, à faire pousser l’avenir. Jean-Paul, je me souviens de toi, sept jours plus tard : tu m’as demandé – « comment on s’habille demain » – « comme vous vous sentez bien » – « Ok ! Claquettes-chaussettes ! ». Tu m’as sidéré, ton regard brillait, ton sourire éclatait, nous étions tous tout trempés.

Afeiz

Afeiz, l’accord en corps, encore d’accord. D’une bonne composition, l’oreille dans la musique. Je me demande si tu m’entends et toi, tu t’étonnes que je te comprennes avant la fin de tes phrases. Ton corps parle, première pression à froid, j’écoute tes gestes. Tes frissons d’araignée sont gravés dans mes pensées. Tu sais qu’en Italie, la tarentelle se danse toute la nuit. Je me souviens de tes souvenirs inventés.

Mehdi

Mehdi, je ne me souviens pas pourquoi, je t’ai tout de suite aimé. Tu es un paquet cadeau, plein de surprises. Tout entier, tout bon et mauvais. Je me souviens que Falque te bassinait, tu voulais te casser. Mais toutes les cinq minutes une idée t’accrochait. « Des berbères en Provence avant la France… » ? Je me souviens de ta verve, quand tu tiens le micro, que tout à coup s’élève le défilé des mots.

Aboubacar

Je me souviens d’Abou, dont le prénom est long. Je sens une sagesse que quelque chose blesse. Tu veux paraître simple, c’est le chemin des humbles. Aboubacar est là, très présent, mais distant. Je me souviens de toi, seul sur l’échelle, plus que déterminé à faire enfin tomber la branche morte du figuier qui avait épuisée toutes les forces du chantier. Puis tu m’as demandé : « Bouèb, tu peux m’aider ? » On s’est acharné, on a sué et râlé. On y est arrivé, on a tout nettoyé. Seul tu as créé Salon et Scoot’oeuvre. Seul tu as perçu un moyen d’évasion, tu n’as fait que compter sur l’imagination.

Farid

Farid, je me souviens d’une épaisse carapace, tout juste démoulée des murs de Castellas. Tu es très autonome, tu ne dois rien à personne. Mais le chemin n’est pas droit, les barrières sont les lois. Glissières de sécurité d’un quarier en danger. Tu es un fanfaron mais t’es loin d’être con. Je me souviens, comment doucement est né un échantillon de complicité.

Fahari

Je me souviens de toi Fahar, comme un esprit à part. Tu comprends tout très vite, la discrétion t’habite. Quand s’emballent les brailleurs dans une course folle, tu sourris patiemment. Tu as une envie de faire dont tu peux être fier. Sereinement volontaire, tu mords tranquillement dans les bouts de vie sur terre, à se mettre sous la dent. Te dire Fahar, tu m’es très agréable et je te sens capable d’emmener avec toi des hordes de gamins vers de beaux lendemains.

Boueb

Jérémie

Les textes sont de BouèB. Lecture très émouvante à la fin de la visite. Bravo et merci pour cette collaboration complice et efficace.

Les portraits sont de Yohanne Lamoulère (Agence Picturetank), sauf ceux d’Aboubacar et de Farid que j’ai faites. Grand merci à elle, bon pied, bel oeil…

Bravo à toute l’équipe du Dandy ManchÔt :

Sistucien Nono, la grimpeuse-accrocheuse Marie-Lise, le capteur-transducteur Syoul

à l’Apcar :

Loïc, Aurore et Joanne

ainsi qu’aux éducateurs de l’Addap 13 :

Rabia, Karine, Sebastien et Dorian…

Nous voilà de retour à Marseille pour travailler sur la mémoire d’un lieu, le rapport passé/présent et l’histoire du ruisseau des Aygalades. C’est à l’initiative de l’Apcar (Association de Préfiguration de la Cite des Arts de la Rue) et dans le cadre des journées européennes du patrimoine qu’un chantier éducatif est organisé pour l’entretien des berges. Nous avons en charge de créer une visite scénographiée de ce chantier et des berges qui se situent juste en contre bas de la Cité des Arts de la Rue. Collaboration avec les sept jeunes qui participent à ce chantier. Initiation artistique et recherche de sens, nettoyage, bricolage, ficelles, liens, parcours sonore… Cet endroit qui autrefois était un petit paradis naturel est aujourd’hui tout à fait pertubant et parfois même dégoûtant. Seule partie du ruisseau qui n’est pas bétonnée, c’est beau et pollué à la fois, c’est « beaulué »…

Voici un extrait du communiqué de presse :

« TOUS AYGO » visite scénographiée d’une des cascades du ruisseau des Aygalades. Travaux collaboratifs d’artistes passagers de la Cité des Arts de la Rue avec des habitants du quartier et des jeunes en chantier éducatif de valorisation des berges du ruisseau avec ADDAP 13 ; des sons, des mots, des images et de l’eau !

Bouèb, artiste pluridisciplinaire et auteur de théâtre de rue, invite la compagnie du « Dandy Manchôt », dirigée par Jérémie Steil. Actuellement, ils travaillent ensemble sur une création autour de la filiation et de la transmission, de la mémoire et de l’histoire.

Avec le soutien de la fondation BNP Paribas.

Repérage Ruisseau Aygalades 1

Ruisseau Aygalades 13


Visite de Bernard Falque

Ruisseau Aygalades 27Chantier Ruisseau Aygalades 18

Visite du chantier et de la cascade toute l’après-midi du Samedi 19 septembre. Venez nombreux !